• Le bois comme matériau de construction selon Martial Richard

    "Vers une amélioration importante de la construction bois"

    Epinal, Enstib, le 11 décembre 2013

    Propos recueillis par Nicolas Diss

    Martial Richard, Ingénieur bois construction de profession, professeur à l’ENSTIB d’Epinal et à l’ESITC de Metz, a exercé pendant 30 ans dans une grande entreprise vosgienne, où il a construit des bâtiments de tous types en bois et dans le monde entier. Une interview pour connaitre l’évolution de la construction bois s’imposait.

     

    Martial Richard

    Martial Richard (source photo : Lignatec)

     

     Martial Richard, pouvez-vous nous retracer en quelques mots votre carrière ?

     J’ai obtenu mon BTS au Lycée du bois à Mouchard dans le Jura en 1965 et ensuite, j’ai immédiatement travaillé chez Charpentes Houot à Gérardmer. De plus, j’ai passé une Licence pour devenir Ingénieur après 5 ans de profession, j’ai aussi passé une thèse sur la construction en bois tridimensionnelle.

     Vous étiez alors Ingénieur bois Construction…

     Oui. Et sans ce diplôme là, je n’aurais certainement jamais pu enseigner à de futurs ingénieurs. Concernant l’ENSTIB et sa création en 1981, l’entreprise Houot avait été contactée. Cette dernière cherchait un intervenant. Le directeur de Charpentes Houot de l’époque, m’a alors demandé si cela m’intéresserait. Bien que je n’avais jamais fait d’enseignement, j’ai accepté et j’ai commencé en 1981 à faire les premiers cours sur la construction bois. Certains anciens étudiants qui sont chefs d’entreprises s’en souviennent bien, dont Philippe Roux qui est actuellement le patron de Charpentes Houot…

     En quoi consiste le métier d’ingénieur bois construction ?

     Il consiste à élaborer un système de construction en bois. En 1969, on a commencé à réaliser des logements avec un système spécifique, le système tridimensionnel en structure bois.

    Quelles ont été les évolutions récentes de votre métier ?

     Il y a eu des évolutions à différents niveaux, au niveau commercial et au niveau technique. Pour le premier, les conditions de travail, les relations entre les clients et les fournisseurs étaient probablement plus humaines il y a 30 ans qu’aujourd’hui. A l’heure actuelle, on est plus dans des relations de prix. Parallèlement au niveau technique, au début où j’enseignais, il se faisait déjà de la construction bois. Il y avait à l’époque, une société qui s’appelait La Maison multiple qui faisait plus de 1000 maisons en bois par an donc il y avait déjà une technique. Cependant, cette technique avait encore besoin d’être améliorée et vulgarisée. Et entre cette époque et aujourd’hui, les choses ont été normalisées, on a constaté qu’il fallait apporter des améliorations aux différentes techniques, ou en changer ou encore en supprimer.

     Il y a eu par conséquent des évolutions de produits chez les fabriquants…

     Oui et ces évolutions de produits ont eu lieu ces dernières années, il y a 15-20 ans à peu près. Il y a eu beaucoup d’erreurs de faites fin des années 80 et cela a nuit au développement de la construction bois. Des gens sans expérience se sont lancés dans ce domaine et ont réalisé des contre références.

     Qu’est-ce qui explique l’engouement actuel des clients pour le bois comme matériau de construction ?

     Il y a un facteur environnemental, c'est-à-dire l’utilisation d’un produit renouvelable qui stocke du dioxyde de carbone. De plus, le bois a des qualités intrinsèques que les gens ont eu du mal à intégrer, ses qualités thermiques. Aujourd’hui toutes les maisons en bois sont fournies avec des isolations, on arrive à avoir des maisons avec des qualités supérieures en terme d’étanchéité à l’air pour satisfaire les normes BBC et Passivhaus. Toutes ces choses là montrent qu’on va vers une amélioration importante de la construction bois.

     Pouvez vous nous citer quelques exemples de réalisations notables dans les Vosges ?

    Nous avons des maitres d’ouvrage public comme Vosgélis et le Toit Vosgien qui ont déjà fait appel à nous pour des logements sociaux à la fin des années 1970. J’ai fait le comte récemment, on a du faire à peu prêt 400 logements en bois avec Charpentes Houot pour ces différents organismes. Ces gens continuent de faire appel à nous et l’évolution des techniques fait utiliser des produits d’une nouvelle génération constructive en bois depuis les années 2000, le panneau bois massif. C’est notamment avec ce système constructif qu’aujourd’hui le Toit Vosgien a réalisé le plus haut bâtiment collectif en France qui se trouve à St Dié qui est un R+7, c'est-à-dire 8 niveaux entièrement en bois.

     Entièrement en bois…

     Oui. Avec ce système, on peut réaliser différentes choses, aller plus loin en technique, faire des choses qu’on ne pouvait pas faire avec de l’ossature bois standard. Le panneau bois massif est une « sorte de béton bois renouvelable », on va construire comme en béton mais c’est en bois.

     Y’a-t-il d’autres références qui utilisent ce procédé ?

     Oui, en France et plus particulièrement en région parisienne, il y a un bâtiment de logements R+5, c’est à dire 6 niveaux tout en bois. Il existe aussi des collèges, des lycées toujours dans cette région, dans la région lyonnaise et à d’autres endroits.

     En retrouve-t-on également dans d’autres pays européens ?

     Les panneaux bois massif n’étaient jusqu'à présent pas fabriqués en France mais cela commence à se développer. Les premières fabrications de ce procédé nous viennent principalement d’Autriche et d’Allemagne. Mais on a de plus en plus recours à ce système de construction car il possède des qualités mécaniques. Quand on construit une maison avec ces panneaux, elle va coûter légèrement plus chère qu’une maison ossature bois mais du point de vue qualitatif, on a vraiment du haut de gamme.

     Donc ce procédé permet tout type de construction…

     Oui. On peut faire des immeubles, des maisons individuelles, des bâtiments scolaires. Le bâtiment R+7 dont je vous parlais tout à l’heure aura coûté environ le même prix que si on avait utilisé du béton. Donc avec ce procédé on reste quand même dans le jeu de la compétition des marchés publics.

     Ce bâtiment vaut la peine d’être vu je présume…

     Effectivement, c’est un bâtiment qui vaut le coût d’être vu.


  • Commentaires

    1
    Dimanche 15 Décembre 2013 à 12:44
    Tu peux mettre un chapô car comme cela on ne verra pas tout l'article dans la page d'accueil
    2
    Mercredi 14 Mai 2014 à 17:24

    Une belle construction en bois réveil toujours nos émerveillement.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :